12 mars 1886, Cour d’Assises de Châlon-sur-Saône

Dans l’épisode précédent, nous avons vu comment Charles ROY, le lundi 14 décembre 1885 a sauvagement tué Marie Claudine MOREAU et sa fille Marie Claudine MAGNIEN. Désormais, l’enquête de police est terminée, place au jugement, qui a eu lieu le vendredi 12 mars 1886, à la Cour d’Assises de Chalon-sur-Saône. Comme le dit la presse de l’époque, c’est la grosse affaire du moment, et la foule se bouscule pour assister au procès.

Entrée de la Cour d’Assise, source : Le JSL, dr.

Saviez-vous que le public masculin et féminin était séparé dans la salle d’audience ? On l’apprend, toujours grâce au Courrier de Saône-et-Loire décidemment bien informé ! En effet, lors d’une suspension, deux dames en sont venues à se crêper me chignon, voyez l’affaire :

Le Courrier de Saône-et-Loire, 13 mars 1886. Source : Retronews

Mais revenons au procès. Dès les premiers articles sur l’affaire, il a été clair que l’affaire est mal engagée pour Charles ROY, il est décrit comme sanguinaire, intéressé par le bien de la famille MAGNIEN. De plus lorsque la foule s’en mêle au procès c’est rarement bon signe.

Le dossier de procédure avec l’acte d’accusation n’ayant pas été retrouvé (étaient-ils seulement archivés ?), je me base donc toujours sur la presse de l’époque pour suivre le déroulement de cette journée cruciale pour l’accusé. Toute la France avait été informée des faits en décembre 1885, de médias nationaux comme Le Figaro, à des titres locaux comme Le Démocrate du Cher ou La Petite Gironde, assez éloignés des lieux. Pour ce qui est du procès, bien qu’il eût été moins couvert, Le Courrier de Saône-et-Loire y consacre deux éditions, les 13 et 14 mars 1886. La première partie est donc consacrée à la lecture de l’acte d’accusation, ainsi que l’interrogatoire de l’accusé. On y apprend surtout que cela fait longtemps que Charles ROY a menacé publiquement et de manière répétée les MAGNIEN, la préméditation est claire pour le juge, il est donc poursuivi pour double assassinat. La peine encourue est donc claire, la guillotine…

Le Courrier de Saône-et-Loire, 13 mars 1886. Source : Retronews

L’article du lendemain se consacre à la suite du procès. L’audition des différents témoins n’apporte pas d’éléments bien nouveau, mais pourrait bien enfoncer l’accusé qui a crié sur tous les toits qu’il voulait empêcher sa jeune victime d’aller avec qui que ce soit d’autre que lui.

Toutefois, dès la réquisition du procureur, un espoir revient, puisqu’il annonce d’emblée qu’il demandera une grâce en cas de condamnation à mort. Finalement, le jury délibère. L’appel à la modération aura été entendu : Charles ROY, reconnu coupable de double assassinat, bénéficie de circonstances atténuantes du fait de son très jeune âge. Ce sera donc une peine de travaux forcés à perpétuité : le bagne !

Le Courrier de Saône-et-Loire, 14 mars 1886. Source : Retronews

Author: Cyrille

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